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Rif: l'économie pâtit des effets de la crise et a du mal à décoller

La côte d'Alhucemas allant jusqu'à Bujibar. En arrière plan, les montagnes de Tensamán. Photo: JL Navazo


Mohamed SIALI / AL HOCEIMA (EFE).
Traduit de l'espagnol par Rachid Oufkir

L'économie du RIF ne parvient pas à sortir du sous-développement en raison du manque d'infrastructures, de l'inadéquation entre l'offre et la demande d'emplois et des différences entre les différents organes de décision nationaux et régionaux.
Les manifestations qui ont secoué la région au premier semestre de 2017, qui a donné lieu à l'emprisonnement des centaines de personnes -ont laissé dans la région et sa capitale, Al-Hoceim-, des cicatrices profondes encore visibles dans la paralysie économique, malgré les efforts déployés par l'Etat d'investir dans la précipitation et en finir avec un retard historique. AL-HOCEIMA (400 000 habitants entre la capitale et sa province) possède un aéroport et un petit port de voyageurs sans capacité commerciale, mais il n'est pas relié au réseau ferroviaire national, et le vaste réseau autoroutier marocain n'est pas arrivé ici. Après les révoltes de 2017, les secteurs les plus porteurs de la région tels que la pêche maritime, le commerce et le tourisme (l'industrie est quasiment inexistante) ont connu un net ralentissement, alors que les investissements sont en attente.
Le maire d'Al Hoceima, Mohamed BOUDRA regrette dans ses déclaration à EFE que le tourisme passe par une situation de blocage: d'abord, le tourisme domestique, qui a fait défection de la région comme font les touristes dans toute source d'instabilité. Mais - rappelle BOUDRA - en 2017, il y a eu également une diminution des visites de la grande diaspora rifaine en provenance d'Europe, qui stimule généralement l'économie locale durant les mois d'été, en plus d'envoyer des fonds vitaux à de nombreuses familles tout au long de l'année.
Le secteur de la pêche maritime souffre également, et sur les plus de 40 grands bateaux qui ont jeté l'ancre dans le port de la ville, il y en a maintenant moins de 10 dus, entre autres, à cause du manque de soutien de l'État. les entrepreneurs locaux reprochent à l'État le manque de « privilèges compensatoires » sous forme d'exonérations fiscales ou des réductions du prix de l'énergie solaire dans les zones industrielles, qui sont actuellement vendus à 350 dirhams (33 euros) pour le mètre carré. Toutes les chambres de commerce du Maroc (au total 12) ont récemment signé une pétition adressée au chef du gouvernement lui demandant d'accorder à la province d'Al Hoceima des privilèges fiscaux, comme cela se fait avec le Sahara Occidental. La seule mesure de l'exceptionnalité du Rif, selon EFE a reconnu un inspecteur des impôts, est qu'il y a des instructions verbales pour reporter les inspections de routine des commerçants jusqu'à ce qu'ils passent la « stagnation » dont ils ont souffert pendant deux ans.
En ce qui concerne les investissements, le gouvernement a créé une nouvelle zone industrielle à Aït Kamra, à l'ouest d'Al Hoceima, ainsi que deux centres d'appel dans la même ville qui ont créé plus de 1.000 emplois. En outre, 1.500 autres diplômés chômeurs ont été intégrés cette année dans le système éducatif, et l'agence nationale pour l'emploi (ANAPEC) a aidé à trouver un emploi pour 681 personnes en 2017 et 253 en 2018, selon son directeur régional, Othman Lamaizi.
Ces chiffres relativement faibles sont dus, selon un responsable local qui demande l'anonymat, au manque de coordination entre les multiples acteurs étatiques et aux quelques compétences transférées dans la région.
En 2015, le gouvernement a présenté à Mohamed VI le projet Manarat Al Motawasset (Al Hoceima Phare de la Méditerranée) comme un plan global pour développer Al Hoceima avec un budget total de 6 milliards de dirhams, plus de 500 millions d'euros. Cependant, deux ans plus tard, les résultats étaient invisibles, et le roi Mohamed VI lui-même a réprimandé son gouvernement en montrant sa "déception, son mécontentement et son inquiétude quant à la non-exécution des projets dans les délais impartis".
Le manque d'investissements étatiques et d'opportunités d'emplois pour la population a été précisément l'étincelle qui a déclenché les protestations sociales en 2016 et 2017, au cours desquelles les manifestants ont exigé des routes, des hôpitaux et des universités.
Le Maire BOUDRA dit aujourd'hui qu'Al-Hoceima a bénéficié de budgets de l'Etat « beaucoup plus » que ceux qui étaient destinés à des provinces voisines comme Taounate, Taza ou Guércif, mais il ne semble pas que son opinion serait partagée par la majorité de la population.

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