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Quand les Rifains essayaient de brûler la maison du père Abdelkrim El Khattabi



En 1916, après la lutte du grand Mohamed Amezian et le mouvement «harka» contre Bouhmara et les événements qui suivirent, notamment le protéctorat signé par le sultan Marocain Hafid avec les Français et le mouvements des Espagnols pour occuper le Rif, le père Abdelkrim El Khattabi sentit le danger qui guettait le Rif, et après mûre reflexion il décida de se reconcilier avec les Espagnols, car il savait que le gouvernement espagnol cherchait des coopérateurs qui les aideraient à occuper le Rif sans effusion de sang. C'est pourquoi le père Abdelkrim se présenta au gouvernement espagnol pour une éventuelle coopération politique. Ainsi, il entama une discussion avec le commandant de l'île de N'kour. Son fils Mohamed fut affecté comme enseignant dans une école à Melilla, il envoya également son deuxième fils M'hamed à Madrid pour y poursuivre ses études. Mais le père Abdelkrim tergiversait continuellement avec les Espagnols, pour retarder l'exécution de leurs plans, et il trouvait parmi eux des gens qui approuvaient sa politique. Par contre, il rencontrait une opposition farouche parmi les montagnards de Aïth Ouriaghel, qui ne comprenaient pas ses buts réels et l'accusaient de servir les intérêts espagnols. Ils criaient parfois dans les souks, qu'Abdelkrim était chrétien et incitaient la foule à brûler sa maison et à dévaliser ses biens. Effectivement la foule s'empressa vers la maison d'Abdelkrim pour exécuter la sommation, et celui-ci contraint de la quitter et il se réfugier avec sa famille à l'île de N'kour puis à Tetouan où il demeura quelques mois.

Aprés des pourparlers avec les notables de la tribu, il fut autorisé à revenir chez lui à Ajdir et reconstruire ce qui était détruit, et cela grâce à un financement espagnol. Il reprenait son activité en expliquant aux notables de la tribu, que ce qu'il faisait était pour le bien du peuple et de la patrie.

Malgré cela, les tentatives de mettre le feu à sa maison, se répétaient trois fois, et à chaque tentative se deplaçait à N'kour puis à Tetouan, comme nous l'avons indiqué auparavant.

Les Espagnols de leur côté, lui proposaient armes et munitions pour résister aux envahisseur, mais la raison imposait à le père Abdelkrim, l'endurance et le refus de toute aide extérieure, pour mener à bien son plan. Le gouvernement espagnol avait fini par perdre patience et s'était mis à l'évidence que Abdelkrim n'était pas sincère dans ses actes.

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Témoignage de Mohamed Omar Belkadi, membre actif dans la résistance rifaine et qui a participé de près a côté du grand Abdelkrim El Khattabi et l'auteur du livre «Le lion du Rif Mohamed Abdelkrim El Khattabi».

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