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Les juifs dans le Rif

Les origines des juifs du Maroc sont diverses et mal connues. Certains seraient venus de Cyrenaïque au IV ème siècle (avant JC); d’autres, persécutés par les Wisigoths d’Espagne se seraient réfugiés au Maroc au IVème siècle (après JC). De ce fait, ils ne constituent pas un groupe homogène mais une simple famille religieuse, sans caractère racial et très probablement sans beaucoup de sang d’Israel.Chez les juifs marocains, il existait en effet plusieurs types; le type hébraïque était plutôt rare. On voyait des blonds surtout dans le Rif et une majorité de bruns dans l’Atlas. En fait, partout leur aspect les distinguait très peu de leur voisins musulmans. (Voinot).


Extraits du livre de Auguste Moulièras "Le Maroc inconnu: Exploitation du Rif", publié en 1895:

"Il y a à Mest'aça une nombreuse colonie juive. C'est la première fois,depuis notre départ de Tar'zouth, que nous rencontrons des représen­tants de cette race malheureuse, qui a su se faufiler partout, et jusque chez ses plus mortels ennemis, les Musulmans. Chose remarquable,les Juifs de Mest'aça ne sont pas parqués dans un mellah' (ghetto), ainsi que cela a lieu dans les autres cités marocaines. Leurs habitations ne se distinguent nullement de celles des rifains. Elles sont éparpillées un peu partout, mais elles appartiennent à des musulmans, car, dans tout le Rif, le juif ne peut posséder un pouce de terrain, un seul immeuble. Il en est réduit à thésauriser sans cesse, à accumuler des monceaux d'or qu'il enfouit dans le sol, sans pouvoir faire rapporter à ce cher métal l'intérêt qu'il sait si bien retirer de son argent dans les pays où règne l'usure. Non-seulement il a su s'introduire au milieu de la population marocaine, la plus fanatique et la plus intransigeante du monde, mais encore il a trouvé le moyen de se faire protéger par elle. Il a employé pour cela un expédient extrêmement ingénieur; il s'est fait le juif du musulman.

Etre le juif d'un musulman c'est lui appartenir, aux trois quarts, corps et biens. C'est un état intermédiaire entre l'esclavage et le vasselage, conférant au seigneur le droit de battre son juif, de le tuer même impunément dans certaines circonstances, telles que: le vol, la rebellion, la trahison, l'insulte au Prophète, la tentative de viol ou de séduction d'une musulmane. Il peut le faire travailler, l'empêcher de se marier, l'obliger à divorcer, lui imposer le choix d'une épouse, convoiter sa fille ou sa femme, enfin l'expédier en voyage pour ses propres affaires, Comme compensation, le juif a droit à la protection de son seigneur, qui doit, même au péril de sa vie, défendre les Liens, la famille et la personne de son vassal. On est surpris de trouver des colonies juives dans des coins perdus du Maroc, au milieu de populations mahométanes absolument farouches, ne tolérant chez elles la présence d'aucun coreligionnaire étranger, supportant cependant le contact de ces Sémites, étrangement tenaces et rusés. Il faudrait un volume pour détailler les différentes avanies que subit le juif marocain. Les insultes les plus sanglantes, les outrages à son adresse sont tellement fréquentes, qu'il n'y fait plus attention. Les galopins musulmans prennent un cruel plaisir à voir détaler devant eux les colosses barbus d'Israël, qu'ils poursuivent à coups de pierre. Les parents ont beau leur interdire sévèrement ce jeu barbare, il ne manquent jamais l'cccasion de le recommencer, dès qu'ils ne sont plus sous l'oeil paternel. Le juif doit toujours appeler le musulman sidi (monseigneur); il est tenu d'enlever ses chaussures, de marcher courbé et très vite, quand il passe devant une mosquée. Telle est, sommairement exposée, la condition du juif marocain dans le Rif "

Les juifs chez les Ikel3ienes:

"Les juifs sont extrêmement nombreux dans la tribu de Galiya. Ils habitent les hameaux, exercent différents métiers; cordonniers, savetiers, cordeurs, orfèvres, chaudronniers. Aucun agriculteur parmi eux. Ils louent leurs maisons, ne pouvant pas plus posséder d'immeubles à Galîya qu'ailleurs. Une clause du bail est curieuse: la location d'une maison, quand elle est faite à un juif, dure à perpétuité, le propriétaire se réservant seul le droit de mettre à la porte son locataire qui ne peut, ni donner congé, ni exiger la moindre réparation. Chaque juif a un musulman pour seigneur. Les israélites galiyens voyagent pour leurs affaires, viennent à Oran, vont à Tanger, en Espagne, partout où ils veulent, preuve certaine qu'ils jouissent d'une grande liberté. Ils ne sont nullement malheureux puisqu'ils retournent fidèlement dans leurs foyers. Ils avouent que les Berbères ne les maltraitent point. Un contact séculaire a calmé les haines de race, a forcé les mahométans à tolérer ces nomades cosmopolites qui parlent leur langue, s'habillent presque comme eux, se distinguant seulement par leurs longues boucles de cheveux, véritables anglaises retombant sur les tempes jusqu'à la mâchoire inférieure, frisant naturellement en épais tire-bouchons "

Le cimetière juif:


"C'est à Snad'a que se trouve l'unique cimetière juif de tout le Rif. Il occupe, assez loin de la cité, un vaste emplacement, dallé pour ainsi dire par les pierres tumulaires venues à grands frais de Tit't'aouin (Tétouan), toutes prêtes à être posées, surchargées d'inscriptions hébraïques. Les Israélites de Galiya, à trois jours de marche, viennent porter leurs morts à Snad'a, Le cercueil est attaché sur un mulet. Des mkha- (cavaliers réguliers) accompagnent le convoi funèbre. Les parents mâles suivent à pied, les vêtements en désordre, l'air navré. Il leur est défendu de troubler par leurs gémissements le repos des musulmans dont ils traversent les hameaux."

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