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L’art de nos aïeuls : gare à l’extinction !




Je crie contre vents et marées 
pour que mon pays ne souffre plus
pour que mon Rif conserve ses richesses
qui resteront à jamais dans mon cœur
de moa…

La poterie : comment peut-on traduire cet art en rifain ? La poterie est l’art de fabriquer des objets à l’aide de terre.

Cette pratique exclusivement féminine faisait partie intégrante des tâches ménagères dans mon Rif.
La femme Rifaine n’a pas pu échapper au fléau de la mercatique .
Elles vivaient de la poterie traditionnelle qui a été concurrencée par l’apport et le commerce des produits en métal et en plastique.
Elles essayaient d’améliorer la poterie par la fabrication des produits nouveaux et variés : vases, foyers, assiettes cruches……..

Cette tradition ancestrale ne se transmettait que de mère en fille, elle représentait l’identité d’un village !

D’un village à un autre, les poteries différaient: la décoration mais également la forme.

Pour toutes ces dames artistes, la nature les a doté d’un talent magique ! et dame nature ne cessait de les gâter, en mettant à leur disposition tout le matériel nécessaire à portée de main et ceci gracieusement ! Aucun épuisement !

Le matériel nécessaire pour réaliser une œuvre(c’est comme cela que je considère l’objet ancestral): argile, petit caillou, et de l’eau (que ces dames allaient puiser librement dans un puit, une rivière, et ceci en musique….j’aurai moi aussi tant aimé partager un morceau de izrane avec elles !). Au dire de mes proches, l’ajout de petits cailloux permettait aux objets de ne pas fêler pendant la cuisson.. J’oubliais les deux galettes en terre cuite posées l’une sur l’autre pour constituer la base de la technique, et un morceau de bois ….pour poser la glaise..

La technique m’a été relatée mais je n’ai pas saisi en fait les propos de mes proches (trop compliqué à retranscrire) ! Une question de force de main sur la motte de terre qui demande beaucoup d’entraînement apparemment !.

Ces objets qui étaient confectionnés étaient majoritairement des cruches de tailles et formes différentes !

Souvent de villages en villages, on percevait une petite concurrence entre femmes ! C’était à celles qui seraient les plus imaginatives !

Ce travail artisanal était réalisé pour une fin commerciale mais également et majoritairement, il permettait au foyer de renouveler la vaisselle !

Vivant en autarcie, tout ce qui venait de l’extérieur était rejeté ! beaucoup d’amour propre ! c’est en cela que je me reconnais, mais aussi par manques de finances (ou de céréales, car le troc était très courant !)..

Fonction de ces cruches :

- De même que les maisons construites en pisé conservaient la fraîcheur des pièces, les cruches servaient et servent encore dans certains villages où l’électricité n’est pas encore installé à conserver la fraîcheurs de liquides à boire ! (apparemment, à entendre mes proches, atessouath othenjiwinathe ! l’eau aurait un goût particulier !, je demande à voir !).
-conservation du beurre (généralement, les Rifains le consommaient en rance dans les potages…)
-conservation de lait : on le laissait cailler dans ces récipients.
-battage du lait (généralement une cruche à forme très arrondie, qu’on attache au plafond avec une corde : cela pour faciliter le battage ! ).

Noms de différents ustensiles d’autrefois mais en terre cuite !

-Thakkarrasth
-Afejgoune (ce dernier indispensable! C’est une galette à base de bouse de vache qui sert encore aujourd’hui à maintenir le feu)
-Rrekchou
-Thakksithe
-Thakkesatche
-Thikkathe
-Voutikha
-Thahembouathe----thihemba
-Akhessarr
-Avoukkarr
-Thavoukkatch
-Thassefaythe
-Tagine
-Thaghelaythe
-Imejma
-Anekhthème
-Akeskèss
-À vous de compléter….

Certainement qu’il devait exister aussi agharraf en terre cuite tout dépend du village et des dénominations que l’on prêtait à ces objets artisanaux !

Je pense que je vais faire du tourisme vert cette année ! Pour commencer, je ferai un tour du coté de l’atelier pour femme d’Idardouchen commune d’Imrabten (Tamassint). Une association espagnole y a créé un centre pour femme et jeune fille ! Grâce à elle, nous pouvons lutter contre la disparition de cet art entre autre.
Et c’est surtout un lieu d’échange et de rencontre, parfois même avec des femmes venant des 4 coins de la terre !

Le centre d’Idardouchen dispose:

-d'un atelier couture
-d'un atelier d’alphabétisation
-et d'un atelier poterie…

Mes proches m’ont dit que pour bien réussir une œuvre de poterie qu’il fallait tourner en regardant à l’intérieur : et c’est la que je leur ai sorti : très bien et ils n’ont jamais pensé à placer au fond du rond un miroir ?

Désolée encore de la longueur! mais j'y arrive pas plus court! en plus je ne me suis pas relu pas l'temps!
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Ps: L'auteur de cet article est une Rifaine qui a gardé l'anonymat.

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